IESSA : les deux oraux et leur double plancher à 8
Les oraux d'admission du concours IESSA : entretien de 30 minutes coefficient 5, anglais de 15 minutes coefficient 1, tous deux éliminatoires sous 8 sur 20.
Deux épreuves, deux planchers, aucune compensation
L'admission au concours IESSA se joue sur deux épreuves orales, et l'article 9 de l'arrêté du 19 décembre 2018 en pose la condition sans détour : « nul ne peut être déclaré admis s'il n'a pas participé à l'ensemble des épreuves orales d'admission et obtenu une note au moins égale à 8 sur 20 à l'entretien avec le jury et une note au moins égale à 8 sur 20 à l'épreuve orale d'anglais ».
Le mot qui compte est « et ». Les deux planchers se cumulent, et aucun des deux ne se rachète par l'autre. Un candidat qui obtient 17 à l'entretien et 7 à l'anglais oral n'est pas admis, malgré un écart de coefficient de 5 contre 1.
C'est la particularité de cette phase : une épreuve au coefficient 1 dispose du même pouvoir d'élimination qu'une épreuve au coefficient 5.
| Épreuve | Durée | Préparation | Coefficient | Note plancher |
|---|---|---|---|---|
| Entretien avec le jury | 30 minutes | 30 minutes | 5 | 8 / 20 |
| Anglais | 15 minutes | 20 minutes | 1 | 8 / 20 |
L'anglais oral : coefficient 1, pouvoir d'élimination entier
Quinze minutes, vingt minutes de préparation, coefficient 1. Sur le papier, c'est l'épreuve la plus légère du concours. En pratique, c'est la plus asymétrique.
Son coefficient ne lui fait rapporter que 20 points au maximum. Mais son plancher à 8 sur 20 en fait une porte, et une porte ne se pondère pas : elle est ouverte ou fermée.
L'asymétrie mérite d'être regardée en face. Réviser l'anglais oral pour passer de 12 à 16 vous rapporte 4 points. Le réviser pour passer de 7 à 9 vous rapporte le concours. Le rendement de l'effort n'est donc pas linéaire du tout : il est concentré autour du seuil.
Notez aussi que l'anglais est la seule matière que ce concours évalue deux fois, à l'écrit et à l'oral, et qu'il y pose deux fois le plancher de 8 sur 20. À l'écrit, l'article 8 l'exige au même titre que pour l'épreuve technique. À l'oral, l'article 9 le réitère. C'est le signal le plus clair que le texte envoie sur ce qu'attend le corps recruté.
L'entretien, et le métier sur lequel il vous interroge
L'entretien avec le jury dure trente minutes, après trente minutes de préparation, et porte le coefficient 5. C'est le coefficient le plus élevé de la phase d'admission.
Le point 4.1 de l'annexe dit ce qu'il évalue, et il tient en deux volets : l'entretien « doit permettre d'apprécier, d'une part, les connaissances générales et la qualité de réflexion du candidat et, d'autre part, sa motivation pour le métier d'ingénieur électronicien des systèmes de la sécurité aérienne ». Une préparation qui ne travaille que le premier volet laisse la moitié de la grille de côté, et c'est la moitié qui se prépare le mieux.
Encore faut-il savoir de quel métier on parle, et là encore le texte le dit. L'article 2 du décret n° 91-56 du 16 janvier 1991, qui porte le statut du corps, énumère les missions dans leur ordre : « assurer la maintenance et la supervision technique des équipements et des systèmes qui contribuent à la sécurité des vols », « participer au développement de ces équipements et systèmes », « exécuter des missions d'études et de recherches », « assurer, pour l'ensemble des fonctions précitées, les missions relatives à la sécurité des systèmes d'information, notamment au niveau de leur conception et de leur exploitation », et « exécuter, dans l'administration de l'aviation civile, des missions d'encadrement, d'instruction ou de direction de service ou de partie de service ». Une motivation qui ne parle que de contrôle aérien passe donc à côté de l'essentiel : le corps est technique, il fait vivre les systèmes, il ne guide pas les avions.
- La maintenance et la supervision technique des équipements et systèmes contribuant à la sécurité des vols, citée en premier par le décret.
- Le développement de ces mêmes équipements et systèmes.
- Les études et la recherche, mentionnées comme une mission à part entière.
- La sécurité des systèmes d'information, « notamment au niveau de leur conception et de leur exploitation », sur l'ensemble des fonctions précédentes.
- L'encadrement, l'instruction ou la direction de service dans l'administration de l'aviation civile.
Le départage, et ce que le jury publie à l'issue des écrits
L'entretien porte en outre une fonction que l'arrêté ne donne à aucune autre épreuve, et que peu de candidats lisent. L'article 9 : « pour chaque concours, en cas d'égalité entre plusieurs candidats, la priorité est accordée à celui qui a obtenu la note la plus élevée à l'épreuve d'entretien avec le jury ».
Autrement dit, l'entretien n'est pas seulement l'épreuve la mieux dotée de l'admission : c'est aussi celle qui tranche les ex æquo. Sur un concours où les places sont comptées et où les candidats admissibles ont franchi les mêmes barres, cette clause est loin d'être théorique.
Un dernier point de procédure. À l'issue des écrits, le jury établit la liste des candidats autorisés à passer les oraux par ordre alphabétique, et non par rang. Vous n'apprendrez donc pas votre position à ce stade. Le classement, lui, n'apparaît qu'à la fin, « par ordre de mérite » (article 9), et l'arrêté ne précise pas comment les points d'admissibilité y entrent. Nous ne comblerons pas ce silence : c'est une question à poser au service organisateur, pas à déduire.
À retenir
L'admission repose sur deux oraux : un entretien de trente minutes au coefficient 5, précédé de trente minutes de préparation, et un oral d'anglais de quinze minutes au coefficient 1, précédé de vingt minutes de préparation.
Les deux portent le même plancher de 8 sur 20, et il ne se compense pas. Une épreuve au coefficient 1 peut donc mettre fin au concours d'un candidat brillant à l'entretien.
En cas d'égalité, c'est la note d'entretien qui départage. Et pour ce qui précède, l'admissibilité a ses propres barres, de nature différente.
30 + 30
Entretien : préparation et passage
En minutes, coefficient 5
20 + 15
Anglais oral : préparation et passage
En minutes, coefficient 1
8 / 20
Plancher, sur les DEUX oraux
Article 9, sans compensation
2
Fois où l'anglais est évalué
À l'écrit et à l'oral, plancher à 8 les deux fois
Une bonne note à l'entretien rattrape-t-elle un anglais oral faible ?
Non. L'article 9 exige une note au moins égale à 8 sur 20 à l'entretien ET une note au moins égale à 8 sur 20 à l'épreuve orale d'anglais. Les deux conditions sont cumulatives, et l'écart de coefficient, 5 contre 1, ne joue que sur le total, jamais sur les planchers.
A-t-on un temps de préparation avant les oraux ?
Oui, et il est inscrit au tableau de l'article 5 : trente minutes avant l'entretien avec le jury, vingt minutes avant l'oral d'anglais. C'est un temps réglementaire, distinct de la durée de passage.
Comment sont départagés deux candidats à égalité ?
Par la note d'entretien. L'article 9 dispose que « en cas d'égalité entre plusieurs candidats, la priorité est accordée à celui qui a obtenu la note la plus élevée à l'épreuve d'entretien avec le jury ». C'est la seule règle de départage que le texte prévoit.
Connaît-on son rang après les écrits ?
Non. L'article 8 précise que le jury établit la liste des candidats autorisés à passer les oraux « par ordre alphabétique ». Le classement par ordre de mérite n'intervient qu'à l'issue des oraux, et l'arrêté ne dit pas si les points d'admissibilité y sont repris : posez la question au service organisateur plutôt que de vous fier à une déduction.
Sources
- Arrêté du 19 décembre 2018 relatif au corps des ingénieurs électroniciens des systèmes de la sécurité aérienne, articles 5 et 9 (durée, préparation et coefficient des épreuves orales, conditions d'admission, départage en cas d'égalité) — Légifrance, Journal officiel de la République française (consulté le 03/09/2026)
- Décret n° 91-56 du 16 janvier 1991 portant statut du corps des ingénieurs électroniciens des systèmes de la sécurité aérienne, article 2 (missions du corps) — Légifrance, Journal officiel de la République française (consulté le 04/09/2026)
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